vendredi 20 juillet 2007

[Gulchö] Joldosh et la vallée d'Alay

La piste vers les Sud depuis Osh est spectaculaire. Nous nous dirigeons vers le Tadjikistan et la Chine (Erkech-Tam). Destination la vallée d'Alay, Gulchö puis Sari-Tash. Les vallées s'enfilent les unes dans les autres et plus qu'ailleurs on a l'impression de quitter toutes zones touristiques si elles existent vraiment dans ce pays. On oublie très vite notre mini trou noir d'Osh et on sent que l'on a eu raison de patienter pour venir jusqu'ici avec les gens de Slow Food.

A Gulchö reçu on ne peut plus chaleureusement par Joldosh, directeur du tout nouveau lycée professionnel de la ville et éleveur Slow Food de moutons et chevaux, et Gulmira, professeur d'anglais qui nous sert de traductrice, nous partons ensemble visiter le musée locale dédiée aux us et coutumes et à l'héroïne locale. Les femmes semblent avoir eu une place historique dans le développement de la région. Ca fait plaisir à voir dans ces contrées plus que macho!

Nous déjeunerons copieusement dans un relai pour camionneurs sur la route de Sari-Tash. Suivant son instinct, Joldosh nous emène dans un de ses coins préférés au bord de la rivière. En passant, il achète une bouteille de vin kirghize et nous allons passer toute l'après-midi entre baignade dans les rapides et pique-nique décontracté. On se sent bien. Très vite nos hôtes perdent leur côté formel du début et laissent place à une vraie rencontre. Je construis avec Joldosh des barrages de pierres sur la rivière. Le temps file et nous en oublions même d'aller visiter son jailoo...

En fin d'après-midi, Joldosh nous invite chez lui pour connaître sa famille. Pensant y aller pour un simple thé, nous tombons dans une véritable spirale d'hospitalité et de générosité. Le thé des 17h se révèle être à lui seul un véritable diner. Sauf que quand celui-ci est pour terminer, d'autres plats arrivent et le véritable diner ne fait que commencer! Bien sûr, le tout arrosé de vodka! Quelle erreur d'avoir accepté cette première vodka ("please, just one, for friendship!"). C'était sans compter sur les inombrables invités qui allaient défiler en l'honneur des guests et pour qui nous allons devoir trinquer et porter un toast avec speech à l'appui.

Mon tour venu, je porte un toast à l'hospitalité sans précédent avec laquelle ils nous accueillent et évoque ce documentaire sur le Kirghizistan que j'ai vu il y a 3 ans et qui m'a donné envie d'aller découvrir ce pays. Je leur dis que jamais je n'aurais imaginer être si bien reçu et que ce qui se passait ce soir dépassait tous mes rêves les plus fous.

Venu l'heure de se coucher, on nous emmène dans une autre maison, chez Mederbeck, jugeant que la maison de Joldosh était trop petite pour nous! Et surprise surprise en arrivant sur place, on découvre un autre diner qui nous attend!! Rebelotte, re-vodka... Sur le chemin en voiture, nous croisons deux cyclistes belges, Olivier et Margot, qui ont bien halluciné de voir une troupe de joyeux larons faire demi-tour devant eux pour les saluer. Quelle soirée!

jeudi 19 juillet 2007

[Osh] Mini trou noir

On est un peu dans un trou noir. On est bloqués à Osh en attendant que nos contacts Slow Food se libèrent. On espère que ça en vaudra le coup car l'expérience de Jalal-Abat nous a un peu refroidi. Sentiment de frustration de devoir attendre dans cette grande ville sans intérêt touristique ni humain.

On passe le matin à essayer de trouver une solution logistique pour poursuivre notre voyage sur Tash Rabat (At-Bashy) en passant par Kazarman. Après moult tentatives, on décide de faire confiance au CBT de Jalal-Abat qui nous promet de pouvoir organiser le tronçon Jalal-Abat Kazarman avec une grosse 4x4 pour le lundi 23 juillet. On passe à contre-coeur par la même nana qui nous a servi de traductrice la veille. Le feeling n'est pas là mais on n'a guère d'autres choix. Traverser le pays d'Est en Ouest s'avèrera bien plus difficile que l'on ne le pensait...

On passe pas mal de temps dans un endroit en face de l'hôtel qui a la prouesse de réunir en un seul lieu un café internet, un centre téléphonique, une guesthouse ("Osh Guesthouse") et accessoirement un magasin de chaussures! On sympathise avec un garçon parlant bien anglais.

On passe dans un guichet de changes. Ici c'est très facile de changer de l'argent car celle-ci circule abondamment avec les trafics de tout genre. Devant nous un jeune homme dépose des soms et récupère la bagatelle de 6000$ en cash dans un sac plastique. Les affaires vont bon train!

Osh rare ville sur notre petite planète qui peut se vanter d'avoir 3000 ans d'histoire derrière elle semble avoir tout perdu de son passé fascinant ou même récent (pas de trace de soviétisation non plus). C'est une méga ville sans queue ni tête, où il fait bon regarder où on marche car les plaques d'égout en fonte ont été quasiment toutes volées pour être refondues!

mercredi 18 juillet 2007

[Jalal-Abat] L'eau minérale, fierté nationale

Toc toc toc! Il est 6h40 pour nous et Saipidin frappe déjà à notre porte. On ouvre la porte pas encore tout à fait réveiller puisque l'on avait rendez-vous à 8h! C'est là que l'on réalise que l'on a oublié de changer nos montres pour tenir du décalage horaire entre Ouzbékistan et Kirghizistan (il y a 1h de plus ici). Cela explique aussi pourquoi nos hôtes ont subtilement mentionné qu'ils nous ont attendu hier pour notre rendez-vous dinatoire.

On fonce dans un taxi (une Audi svp!) organisé par Saipidin et nous voilà en 1h30 à Jalal-Abat. La route est impeccable. Elle vient d'être refaite par les chinois (route Osh-Bishkek). Au début notre chauffeur papy était un vrai gentleman mais malheureusement cela n'a guère duré! Il s'est mis à doubler tout le monde, et ce même dans les situations les plus absurdes (double ligne continue en plein virage sans visibilité!). Il faudra décidément se faire au mode de conduite en Asie Centrale!

A Jalal-Abat, on retrouve Tashtan, notre contact Slow Food. Ne parlant pas un mot d'anglais, nous devons à contre-coeur nous trouver un interprète (une nana du CBT qui se révèlera très seccos et désagréable au possible). Tashtan bien qu'il ne connaisse rien à Slow Food (!!) est très accueillant et sourit beaucoup.

Nous allons d'abord visiter l'usine d'eau minérale Jalalabat ainsi que sa source a 5km de la ville. Le process est rudimentaire. Des éprouvettes en plastique sont importées de Corée et sont juste soufflées en bouteille ici. Reste la filtration et le remplissage. Par contre, ils ont un système très archaïque pour acheminer l'eau de source à l'usine. Ca se fait par le biais de camions citernes délabrés sur une route de montagne défoncée! Dans le pays des pipelines infinis, on aurait pu imaginer une conduite pour ces 5 misérables kilomètres qui nous séparent de la source! En tout cas, les kirghizes qui ont très peu de manufacture sont très fiers de nous montrer leur usine. C'est un ebelle victoire sur Nestlé qui inonde le marché ouzbek avec ses eaux minérales!

Deuxième visite: fabrique de conserves de noix et graines de tournesol, le tout 100% exporté majoritairement vers la Turquie. Autant dire que cela n'a aucun intérêt du point de vue de Slow Food qui vise à développer les communautés locales. Ici clairement c'est le directeur de l'usine et l'importateur grossiste turque qui se font du blé sur le dos des employés sous payés. On le fait savoir à Tashtan par l'intermédiaire de notre traductrice. Il tente de nous rassurer en évoquant la prochaine visite, mais déjà on sent que nos sorties Slow Food sur Jalal-Abat sentent le roussi!

Troisième visite: fabrique de conserve de fruits sous le label local Dary Lesa. Ce fût là une grande déception. On est reçu assez froidement par la manager qui n'a visiblement pas trop de temps à nous consacrer. Elle nous apprend que pour la première année, ils ont commencé des essais avec des pesticides pour améliorer la lutte contre les maladies sur les arbres fruitiés et les noix. Quelle déception! On a dû mal à comprendre son raisonnement économique et nous nous éloignons de la démarche Slow Food.

Sur la route on s'est aussi arrêtés voir des cultivateurs de riz rouge (couleur donnée par les marnes rouges qui abondent ici), mais là encore ils ne sont pas en bio et s'approvisionnent comme tout le monde en AZOTE ("A3OT" en russe sur les paquets) dans les échoppes sur le bord des routes. On cherche à augmenter à tout prix les rendements.

On décide d'abréger notre séjour ici et de rentrer le soir même à Osh. Tashtan aura été adorable mais le programme des visites et le manque d'attrait des visites nous auront convaincu de quitter ce mini trou noir. Signe annonciateur de futures galères dans cette même ville...

Arrivés à Osh on doit changer pour une nuit d'hôtel car le Taj Mahal affiche complet. On fonce à l'hôtel Etas à 500m de là. Les rapports humains avec les gens de la rue sont différents et plus difficiles. On met ça pour le moment sur le compte de la grande ville et sur le fait que nous avons été si ravi par l'Ouzbékistan qu'il nous faut un peu de temps pour redescendre sur terre. Déjà l'envie de montagnes et de jailoos (pâturages d'été) me titille.

mardi 17 juillet 2007

[Osh] Saipidin

Après un trajet en taxi d'1h30 depuis Ferghana en Ouzbékistan, nous passons le poste frontière à Osh pour entrer au Kirghizistan (nous avons organisé le visa avant de partir car ce poste frontière ne le délivre pas).

Ce qui frappe d'entrée de jeu, ce sont la multitude de grosses Mercedes qui pullulent dans les rues! Osh ne faillit décidément pas à sa tradition de mecque du trafic en tout genre (opium bien sûr en tête). Ce qui nous frappe aussi ce sont les visages plus tuyypés "chinois". La ville nous apparait comme moderne avec pletor de café internet, de restaurants et même des bancomats!

On loge au Taj Mahal, un eptit hotel bien confortable où nous profitons sans le savoir encore de notre dernière source en eau courante du pays avant Bishkek. Une fois posé, nous appellons notre contact Slow Food, Saipidin.

En effet, faisant partie de l'association mondiale Slow Food, nous avons pris la peine avant de partir de se renseigner pour avoir les coordonnées des producteurs locaux faisant partie du réseau alternatif Terra Madre, qui met en relation plus de 5000 agriculteurs sur la planète.

Saipidin, manager dans une boite de micro crédit local, nous a concocté un programme fort sympathique pour les prochains jours. On le retrouve le soir pour un diner en ville. Il nous emmenera d'abord sur Salomon's Throne, une montagne au coeur de la ville où la vue au coucher de soleil sur Osh est imprenable. Je profiterai aussi de cette escapade sur la montagne pour me glisser dans une grotte sacrée pas plus haute que 50cm. Il parait que ce rite initiatique donne énergie et santé à tous ceux qui arrivent jusqu'au bout (ce que je crois j'ai fait!).

Bien évidemment la soirée est bien arrosée à la bierre et au cognac! On se sait entre de bonnes mains et nous nous réjouissons d'avoir pris contact avec les gens de Slow Food. Le Kirghizistan commence très très bien.

lundi 16 juillet 2007

[Margilan] Au coeur de la soie

On retourne ce matin à Margilan pour visiter l'usine de la soie, Yordirlik. Avec guide en anglais, nous parcourons toutes les étapes de la fabrication de tissus en soie.

Voici un petit slideshow sur les étapes clefs du processus:



C'est passionnant de découvrir les cocons de soie (un cocon produit entre 500m et 2km de fil de soie). Un v er à soie peut manger jusqu'à 4kg de feuilles de "marlberry" par jour! Ils sont généralement élevés par des familles dans la région qui s'épuisent à fournir la quantité de feuilles pendant la période de production des filaments de soie (qui sortent littéralement de la bouche des vers). J'ai envie de dire que ça me rappelle l'engraissage des oies et des canards pour fabriquer le foie gras!

Les cocons sont dénoués dans un bain chaud et les filaments assemblés pour être plus solide. On peut compter jusqu'à 50 filaments ensemble pour former un fil de tapis. Bien sûr plus le fil est fin, plus le travail sera de qualité.

Les fils sont ensuite lavés pour être débarrassés de leur colle naturelle. Ils passent ensuite à la teinture. Fait remarquable: les couleurs sont imprégnées avant le tissage. Les couleurs naturelles sont données par des racines de plante, des pelures d'oignon et donnent un nombre limité de couleurs (généralement tirant sur les bruns ou ocre).

Les maîtresses tisseuses ne gagnent que 50$ par mois. Autant dire que bon nombre de familles préfèreront travailler avec les touristes pour gagner de l'argent plus facilement (une nuit dans une guesthouse peut coûter 10$ par personne par nuit). Espérons que l'activité artisanale du travail de la soie ne sera pas mise en danger par l'activité touristique...

On déjeune un superbe plov au bazar en compagnie de Stéphane, un français qui revient d'un stage de 3 mois à New Dehli. On discute des livres incontournables sur l'Asie Centrale, parmi lesquels "Par les monts et les plaines d'Asie Centrale" d'Anne Nivat.

En se balladant au bazar l'après-midi, nous faisons la connaissance de Sanjar, un étudiant assez sage et posé en dernière année de fac d'anglais. Il se propose de nous faire découvrir sa ville. On va manger une glace dans son endroit préféré. Il prend le bus avec nous pour Ferghana et nous aide à poster nos cartes postales au bureau de poste. Il prend le temps de vivre et a décidé au dernier moment d'aller rendre visite à des amis en ville. Pas besoin de les prévenir. Il débarquera chez eux sans aucun problème. On a beaucoup à apprendre de leur façon de vivre si relax et de leur sens de l'entraide et de l'hospitalité.

Le soir on retourne manger nos shashlyks dans notre restau préféré. On a un accueil triomphal et la soirée sera une longue séance de photos avec tous les employés du restau! Génial! La serveuse "Madonna" est d'une spontanéité unique. Quelle superbe dernière impression d'Ouzbékistan avant de passer au Kirghizistan. Les gens sont si chaleureux ici et ce n'est pas la barrière de la langue qui y changera quoi que ce soit. Nous partons de ce pays le coeur joyeux de toutes nos rencontres.


dimanche 15 juillet 2007

[Kumtepa & Rishtan] Bazar et céramiques

Après avoir expérimenté les Daewoo Tico, Matiz et Nexia, nous nous lançons dans les transports publics avec les Marshrutnoe, Damas et autres bus inter-urbains...

On se rend d'abord à Margilan pour son bazar dominical gigantissime à Kumtepa. Là encore on parle avec tous les vendeurs (fruits secs, riz, miel, boucher...) dans un mélange d'anglais international et les quelques mots d'ouzbek que l'on essaye d'apprendre. En plein marché, dans un restau à l'hygiène plus que douteuse (le patron enfonce sa main cradissime au pouce recouvert d'un vieux pansement dans un tas de nouilles pour les plonger dans le bouillon!)je me goinfre d'une soupe de laghman (nouilles). Plus loin on fait halte autour de quelques shashlyks plus rassûrants! En tout cas, on doit être sous une bonne étoile, car pour l'instant les estomacs tiennent plus ou moins le coup!

L'après-midi on part pour Rishtan, le haut lieu de la céramique ouzbek, mais ville à grande majorité tadjik (absurdité des frontières administratives de Staline déjà mentionnée). Suivant le conseil de notre fidèle Lonely Planet Central Asia, nous débarquons chez Rustam Usmanov, céramiste de renom qui expose dans le monde entier. Il est d'ailleurs actuellement en déplacement et nous serons reçus par sa femme et son fils.

Le hasard des circonstances fait que nous rencontrons sur place un couple très sympa d'espagnol avec leur guide (très con!). Nous sympathisons et nous engageons dans une longue discussion complètement hors contexte: les desaparacidos argentins et chiliens, le fascisme en Espagne... et le tout avec thé et biscuits à volonté. Ca a peut être fait bizarre de se retrouver à parler de tels sujets lourds dans ce cadre, mais on se laisse porter par les hasards des rencontres. Aujourd'hui aussi je ferai la gaffe de dire à leur guide que je ne suis pas attiré du tout par Tashkent que je trouve "soviétique". Quelle erreur n'ai-je pas fait. Le voilà qui m'agresse franco en défendant à corps et à cris sa capitale qu'il trouve très moderne. J'ai appris ma leçon et arrondirais les angles la prochaine fois que l'on me demande mon avis sur la question!

On fait le plein de céramiques, autant de petits cadeaux pour nos prochaines visites chez les producteurs Slow Food au Kirghizistan.

Cette région du Ferghana ne voit pas beaucoup de touristes et est hors de l'itinéraire de masse. Pourtant les gens ne nous sautent pas dessus avec des "Hello, mister!". On se sent bien ici, on nous laisse trouver notre rythme.

Le soir on va diner dans un restau "trendy" près de l'université. Aucun plat typique n'y est servi. On choisit au hasard dans les menu en russe et on se retrouve avec de misérables côtes d'agneau cramées avec frites au ketchup! Quelle misère et ce pour un prix du triple habituel! On a compris notre leçon, demain soir nous retournerons dans notre restau fétiche de la veille: un café à shashlyk où les gens sont adorables (voir la séance photo mémorable du lendemain).

samedi 14 juillet 2007

[Ferghana] Poumon d'Asie

On prend un train matinal depuis Samarkand pour rejoindre Tashkent. On mettra tant bien que mal près de 5h30 pour parcourir les 300km. On a sué comme des bêtes dans ce train sans clim qui s'arrêtait fréquemment au milieu de nulle part pour laisser passer tous les autres trains...

Là encore, champ de coton sur champ de coton. Quelle absurdité cette planification soviétique qui imposa à ce pays la production unilatérale du coton, 100% exporté. Il paraît que la production baisse et est petit à petit substitué par des cultures moins gourmandes en eau, mais le désastre écologique est déjà fait.

Décidés à passer le moins de temps possible dans la capitale qui a nos yeux n'offre qu'un intérêt limité pour un touriste occidental, nous négocions dur un taxi pour nous emmener à Ferghana. On finit par se mettre d'accord sur 30$ pour 4h de route. Notre chauffeur plus bourrin que tous les autres conduit comme un taré et tente de dégager tout véhicule sur son chemin. Il nous fera quelques frayeurs inoubliables en se retrouvant face à face avec des camions! Pour couronner le tout, il fume comme un pompier dans la caisse et ne parle pas un mot d'anglais.

Pour la première fois on touche la montagne avec des cols à 2000m et vues sur des sommets enneigés à 3000m. On passe à deux pas de la frontière Tadjik. Le découpage administratifs des frontières par Staline dans les années 1930 est resté et créé des situations absurdes (non respect des ethnies, enclaves entre pays...).

La vallée du Ferghana est le poumon industriel et agricole de l'Ouzbékistan et des pays alentour. A titre d'exemple, Daewoo a implanté une méga usine à Asaka (à deux pas d'Andijan). On y fabrique les voitures Tico, Matiz, Nexia et Damas qui inondent littéralement la région (il n'y a quasiment aucun bus collectif dans la région car tous les transports sont assurés par ces véhicules privés). Le jeune fils du homestay nous accueillera fièrement avec son T-shirt "KOREA".

Avant d'arriver dans la vallée de Ferghana, je m'attendais à trouver une nouvelle province d'Aceh (Indonésie) avec forte tendance islamisante et rigueur vestimentaire pour les femmes. A l'arrivée dans la ville de Ferghana, on comprend très vite que les choses ont vite évolué ces dernières années: très peu de femmes voilées, bien au contraire. On rencontre même une femme dans un hôtel au look plus que pute!

On logera au Golden Valley Homestay, à une bonne demi-heure à pied du centre ville. La famille est assez sympa (surtout au début) et on loge dans un appartement pour nous tout seul pour 14$ la nuit! Génial! On profite de nos derniers jours avec l'eau courante car le Kirghizistan sera une autre histoire...